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Des outils spécifiques à la discipline…

LES INSTRUMENTS TRADITIONNELS CHINOIS UTILISES POUR LE RENFORCEMENT MUSCULAIRE.

 

Le shuai Jiao (voir article sur ce site), comme de nombreuses activités physiques, qu'elles soient à orientation sportive, martiale ou autre, suppose, dans une dynamique générale d'optimisation, un renforcement musculaire. La mobilisation des leviers osseux, la vitesse et la puissance des actions à mener, la capacité à les réitérer renvoient à un développement musculaire suffisant. Par ailleurs, la mise en jeu des différents groupes musculaires dépend de l'orientation et de la finalité de l'activité considérée. C'est la spécificité du panel gestuel exprimé qui rend compte du type de renforcement musculaire à arrêter à l'entraînement. Le cadre méthodologique doit donc suivre une ordonnance susceptible de satisfaire à cet objectif. Il s'appuie sur les différentes modalités contractiles des muscles : statique (isométrique), dynamique (concentrique, excentrique), combinatoire (stato-dynamique, plyométrique, auxotonique) ainsi que sur le(s) métabolisme(s) à privilégier : anaérobie alactique, anaérobie lactique et aérobie. Mais aussi en fonction des justifications physiologiques des sujets, de leur entraînabilité respective supposée, des particularités techniques employées, des exigences de la planification liées aux échéances sportives et des moyens (espaces et instruments) mis à disposition.

Concernant ce dernier point et contrairement, peut-être, à l'idée généralement émise, il n'est pas forcément nécessaire, loin s'en faut, de disposer d'un espace particulier, type salle de musculation agrémentée de nombreuses machines, pour répondre d'une musculation spécifique et orientée. En fait, rares sont les disciplines sportives qui ont véritablement besoin d'un espace privilégié. Si l'on comprend aisément que, par exemple, le culturisme nécessite une salle de musculation bien pourvue, l'entraînement aux arts martiaux et sport de combat n'augure pas fondamentalement d'une telle plateforme.


Traditionnellement, il semble que la notion d'espace privilégié ne soit pas la règle. N'importe quel lieu, qu'il soit intérieur ou extérieur satisfait à l'entraînement. Si des " instruments " propres au renforcement musculaire ont toujours été utilisés, leur mise en œuvre est souvent restée de fabrication simple. De plus, ces instruments offrent l'avantage, contrairement aux dispositifs intégrés dans une salle dite de musculation, d'être élaboré pour répondre spécifiquement, " coller ", aux gestes techniques employés par le pratiquant.

Ci-après, sont présentés, sans exigence d'exaustivité, quelques " outils " utilisés durant l'entraînement des pratiquants de Shuai Jiao. Il en existe de nombreux autres, selon les orientations des écoles traditionnelles et la finalité percusive ou préhensive de ces écoles. Tous ces instruments ont néanmoins pour objectif d'affiner la préparation physique des pratiquants.

Les deux briques
La masse de chaque brique est de l'ordre de 2 kg. En position Ma Pu, le pratiquant saisi une brique dans chaque main. Les bras sont initialement positionnés en flexion et les mains munies des briques sont en supination au niveau des hanches. De manière alternée, les bras effectuent une extension vers l'avant accompagné d'un mouvement pronatoire. A la fin de l'extension, les bras sont alternativement ramenés via un mouvement supinatoire en position initiale. Plusieurs séries sont ainsi exécutées. Cet exercice satisfait à un renforcement des saisies (flechisseurs, extenseurs, supinateurs et pronateurs).


    Fig. 1: "Les deux briques".

Le grand bâtonnet
80 à 90 cm de longueur, 5 à 7 cm de diamètre, masse progressive jusqu'à 18 kg. Plusieurs exercices usent de cet instrument. Tous ont pour objectif d'améliorer les techniques de projection dites d'épaule et indirectement de hanche.


    Fig. 2: "Grand batonnet".

La ceinture de cuir ou ruban de chanvre
70 cm de longueur et 2,5 cm de largeur. Des enchaînements spécifiques favorisent le travail de flexion-extension des membres inférieurs et de rotation des hanches ainsi que l'entraînement particulier des mouvements de torsion des membres supérieurs.


    Fig. 3: "Ceinture de cuir".

La chaîne de fer
Environ 70 cm de longueur avec des anneaux de diamètres différents. Cet instrument est complémentaire au travail avec la ceinture de cuir. Il s'appuie sur le même type d'exercices.


    Fig. 4: "Chaîne de fer".

Les doubles petits cadenas
En bois, en pierre ou en fer et de masse variable. Développe, entre autre, les capacités de supination et pronation des membres supérieurs utiles aux différentes modalités de saisies.


    Fig. 5: "Petit cadenas" (usage par paire).

La grande pierre avec manches
La préhension s'effectue par les manches latéraux. De nombreux exercices existent avec cet instrument. Renforce l'ensemble du haut du corps.


    Fig. 6: "Grande pierre avec manches".

Le sac de sable
En forme de coussin carré, rempli non pas de sable mais de gros grains ou de limaille de fer.


    Fig. 7: "Sac da sable".

D'autres instruments, dans un second temps, sont employés pour peaufiner le développement du pratiquant de Shuai Jiao. Parmis ceux-ci :

La pierre naturelle
Parallélépipède type "agglo" de masse variable. Développement de la ceinture scapulaire et de la coordination des bras.

La grande jarre
Initialement vide puis avec une masse progressivement régulée par remplissage en eau et ultérieurement en terre.

Le ballon de Tai Ji en pierre
Boule de pierre d'un diamètre quasi équivalent à celui d'un ballon de foot-ball. Selon les modalités d'exercice, se travaille sur un plan horizontal (sol) ou sur une paroi verticale (mur).

L'essieu en pierre
Haltère d'environ 1,80 m de longueur et de masse variant entre 30 et 40 kg.

Le pilier de bois
2 m de hauteur et jusqu'à 30 cm de diamètre, enveloppé de sac de lin et/ou de cuir. Cet outil permet de renforcer à la fois les techniques de préhension et de percussion.

Le banc
2,50 m de longueur et 70 cm de hauteur. Le banc est parfois fixé dans le sol. En position accroupie, le pratiquant prend appui avec ses mains sur la base du banc (plan horizontal) et effectue des mouvements circulaires avec les jambes (arcs de cercles alternatifs) sous la base du banc. Cet exercice permet de développer certaines techniques de fauchage et de crochetage des membres inférieurs.

Le petit bâtonnet
28 cm de longueur et 6 cm de diamètre.

Le grand bâton
4 m de longueur, diamètre variable.

Le grand cadenas
En pierre et de masse variable.

Le balancier
Demi haltère de grande dimension.

 

Les références des différents instruments ci-dessus présentés peuvent varier. Car les cotations sont fonction du morphotype du pratiquant (valeurs anthropométriques), de son évolution dans l'entraînement ainsi que de la spécialisation technique arrêtée. Toutefois, quel que soit l'outil employé, les principes d'entraînement ont en commun la spécificité de la discipline. Enfin, les placements corporels statiques et dynamiques doivent toujours demeurer en adéquation avec les fondements biomécaniques et physiologiques de base. Le placement vertébral est notamment et particulièrement à considérer. La motivation, l'intention, ainsi qu'une bonne connaissance de la discipline sont aussi garants d'une pratique évolutive et sécurisante.

Alain PIEPLU

HISTORIQUE

 

D'après un proverbe chinois, tous les arts martiaux connus sous le ciel sont nés à Shaolin, ville célèbre de la province du Hénan en Chine, plus connue pour son temple bouddhiste plutôt que pour sa cuisine… Bien sûr, la réalité est un peu différente… Mais ce dicton illustre bien l'importance du Temple sur le plan des arts martiaux. L'histoire et la légende s'accordent pour faire du célèbre monastère le centre du développement du Kung-Fu.

Le Temple de Shaolin est situé dans la province du Hénan, à environ 700 Km au Sud de Pékin. La ville de Luoyang, située à une centaine de kilomètres de Shaolin, sera pendant près d'un millénaire la capitale de l'empire jusqu'à l'arrivée de la dynastie Tang (618-907)! Cet endroit est l'un des plus sacrés en Chine. Quatre chaînes de montagnes s'étendent aux quatre points cardinaux. Au centre se trouve le Song Chan (Montagne du Centre); pour les chinois, il s'agit du centre du monde!C'est là, au pied du versant ouest, que l'empereur Hsio Wen fit construire en 495 le TEMPLE DE SHAOLIN en l'honneur d'un moine indien, BATUO (FOTUO en Chinois). Le nouveau Temple porte alors le nom de Shaolin Shi (Monastère de la petite Forêt), et l'empereur lui décerne le titre de premier monastère sous le ciel.


 

D'après la légende, au VIème siècle, un moine indien originaire de Kanchipuran, dans la région de Madras, se rendit à la Cour Impériale Chinoise, à Nankin. Troisième fils du roi de Madras, Bodhidharma (Po Ti Ta Mo ou Tamo en chinois) était le 28ème patriarche bouddhiste. Son entrevue avec l'empereur Wu fut un échec total!

 

Bodhidharma (dont on peut voir une représentation ci-contre) traversa alors le fleuve jaune, sur un roseau d'après la légende, et se réfugia au Monastère de Shaolin… Là, mortifié par son échec, il resta 9 ans en méditation dans une grotte, face à un mur…Un jour, furieux de s'être assoupi, il se coupa les paupières et les jeta à terre: elles donnèrent naissance à un théier. Après 9 ans de méditation, Bodhidharma connut l'illumination et décida d'enseigner une nouvelle doctrine; le Chan (Zen en japonais) qu'il définit ainsi: "Voir dans sa propre nature pour atteindre l'éveil."

Trouvant les moines dans une condition physique déplorable les empêchant de pratiquer correctement la méditation, Bodhidharma leur enseigna une série de 18 mouvements destinés à fortifier le corps et l'esprit: les 18 mains des disciples du Bouddha (Shih Pa Lohan Sho)… Ces 18 exercices, répertoriés dans un ouvrage dont l'auteur présumé est Bodhidharma, constituent la base de ce qui allait devenir…LE KUNG-FU DE SHAOLIN!!! Déçu de voir que les moines préféraient l'aspect martial de son enseignement, Bodhidharma décide alors de quitter le monastère…En 557, on le dit mort: mais dans sa tombe, on ne trouvera qu'une sandale et une robe… Des témoins le verront en route vers l'Inde, chevauchant un tigre et chaussé d'une sandale!

Une bien belle légende , n'est-ce pas? En fait, les techniques de combats à mains nues existaient en Chine bien avant l'arrivée de Bodhidharma. Contrairement à la légende, il n'introduisit pas les arts martiaux au Temple de Shaolin. Par contre, on lui doit la création du Bouddhisme Zen (Chan en chinois), qui allait fortement influencer l'évolution des arts martiaux japonais…De plus, pour les chinois, Bodhidharma reste celui qui leur amena la notion de Vertu Martiale (Wute). Avant lui, on ne pensait qu'à se battre… Tamo (son nom chinois) donna un nouvel élan aux arts martiaux en expliquant que ceux-ci devaient développer autant le corps que l'esprit… Tout un programme pour l'époque!!!

Mais l'histoire de Shaolin ne s'arrête pas avec Bodhidharma (ci-contre, l'arbre de la sagesse de Bodhidharma). En 630, l'empereur Tai Tsung fait appel aux moines de Shaolin pour l'aider à repousser les Mongols… Dans la légende, on dit que le Temple n'envoya que 5 de ses moines-guerriers pour combattre une horde Mongole forte de 500 hommes! En fait, on ne connaît pas le nombre exact d'hommes dans les deux armées… La seule chose de sûre, c'est que dans la légende comme dans la réalité, l'armée Mongole fut anéantie. L'Empereur se rendit alors au monastère, annoblit 17 moines et leva l'interdiction de consommer de la viande et du vin et autorisa le Temple à former 500 moines-guerriers! Tai Tsung propose aux moines des charges à la cour mais ceux-ci refusent en disant: "Maintenant que le monde est en paix, nous rentrons au monastère, mais si le pays a besoin de nous un jour, alors nous livrerons combat à nouveau!". L'Empereur conféra au Temple le titre de premer monastère de l'Empire. La création de la première forêt de pagodes date de cette époque…

Le Temple connut une histoire mouvementée… Il subit la destruction des 3 Wu qui ordonnèrent sa destruction par décret: Tai Wu Ti (556), Zu Wu Ti (692) et Zu Zhong (884)… Il fut également détruit en partie par des bandits en 589, abandonné en 890 lors de l'abolition des monastères, puis de 960 à 975 par décret impérial… Après une période de déclin, le Temple de Shaolin retrouve son éclat sous la dynastie des Ming (1368-1644), où il entretient des liens privilégiés avec la Cour Impériale. Le moine Chang Wo (1376-1428) parcourt Okinawa, la Malaisie, le Vietnam, la Corée… L'influence de Shaolin sur le plan des arts martiaux va se faire sentir dans toute l'Asie.

 

C'est en 1644 que la dynastie des Ching s'installe au pouvoir, c'est la fin des Ming. En 1660, un légaliste Ming, Kouo Sing Ye (Koxinga), mène la rebellion contre les Mandchous et prend la ville de Nankin, avec le soutien de Shaolin. En 1662, Kang Hi, un nouvel empereur, monte sur le trône. Il entreprend aussitôt la reconquête du Sud de la Chine. Des monastères suspects sont rasés, des milliers de rebelles executés… Kang Hi offre un panneau de bois laqué ornant toujours l'entrée du monastère; Shaolin s'incline devant ce nouvel Empereur. Mais en 1736, Kien Long (petit fils de Kang Hi, nouveau maître de la Chine) décide d'en finir avec le monastère, centre de nombreuses rebellions: le Temple Shaolin du mont Song est investi et en parti détruit. Seuls 5 moines parvinrent à en réchapper (les moines comme ci-contre, ont beau être des experts dans l'art du combat, ils n'en sont pas moins des hommes)… Ils donneront naissance à 5 styles: Hung Gar, Liu Gar, Choi Gar, Li Gar et Mo Gar.

 

Il existe une certaine confusion concernant l'existence et la destruction du Temple. En fait, il y eu jusqu'à 5 monastères qui portaient ce nom. Le plus célèbre étant bien sûr celui du Hénan, ou Bodhidarma vint enseigner le Chan. Il y eu ensuite celui du Fukien (sud de la Chine) plus un troisième monastère situé dans la province du Hebei (au bord du lac Honglong). Enfin 2 autres temples, un situé dans le Fukien et l'autre dans le Sichuan furent entièrement détruis sous la dynastie des Ching. Comme tout ces monastères furent détruits, brûlés et reconstruits à plusieurs reprises au cours de leur histoire il s'en suit une confusion inévitable. Néanmoins, quand un maître chinois fait référence au Temple de Shaolin, il parle de celui du Hénan (où Bodhidarma, représenté ci-contre, a enseigné). Ce célèbre monastère a lui aussi été en partie détruit et restauré à plusieurs reprises. Sous le règne de l'empereur Kang Hi (1662-1722), de nouveaux bâtiments furent construits, dans lesquels on peignit des fresques martiales. Deux de ces fresques nous sont parvenues: peintes entre 1640 et 1800, elles représentent des moines à l'entraînement. Ces peintures sembleraient ajouter foi à la légende qui veut que les Indiens soient venus enseigner les arts martiaux. En effet, les maîtres y sont représentés comme des hommes à la peau foncée. Autre relique émouvante: les creux laissés dans le sol, dit-on, par les moines au cours de leurs entraînements, et qu'on peut voir dans la salle dite des 1000 Bouddhas.

Le Temple de Shaolin du Hénan cessa d'être un centre religieux en 1928. Un seigneur de la guerre, Fang Chung Hsueh, en avait fait sa base. Attaqué par le général Hi Yousan, il évacua le Temple avec les moines. Fou de rage, Hi Yousan fit brûler les archives du monastère, et notamment celles qui se rapportaient aux arts martiaux. Par chance, les principaux bâtiments furent épargnés par le feu…

En 1966, le Temple Shaolin du Hénan subit quelques dégradations de la part des Gardes Rouges, mais rien de très sérieux. A l'époque les arts martiaux étaient dénoncés comme pratique féodale. Depuis la fin de la Révolution Culturelle, les choses ont bien changé; désormais, les autorités chinoises cherchent à promouvoir le Wu Shu, version sportive de l'art martial, et même à en faire devenir une discipline olympique. Dans cette optique les arts martiaux ont été réhabilités! Le Temple de Shaolin du Hénan a ouvert ses portes au public en 1978. Des travaux ont été entrepris pour sa restauration. On a créé une sorte de musée en plein air, où des mannequins de bois retracent l'histoire du monastère… En 1987, Shaolin a reçu 2 millions de visiteurs, chinois en grande majorité… Avant 1984, n'importe qui pouvait devenir moine; depuis cette date, le gouvernement choisit les postulants dans une académie bouddhiste. Il existe 2 sortes de moines: ceux qui résident au monastère en suivant les préceptes du Bouddhisme (ceux-là ont fait vœux de pauvreté, obéissance et chasteté), et ceux qui viennent seulement étudier auprès des moines: eux peuvent se marier et mener une vie normale; ce sont les maîtres-disciples des moines de Shaolin. La photo ci-contre présente une petite partie des moines-guerriers avec des armes traditionnelles et le fameux panneau en bois laqué, offert par Kang Hi , ornant l'entrée principale du temple.

Aujourd'hui, conscientes de l'intérêt suscité par les arts martiaux chinois auprès des occidentaux, les autorités de la province du Hénan ont ouvert en septembre 1988 le centre de Kung Fu de Shaolin. Situé tout près du célèbre monastère, ce centre comprend hôtel, restaurant et… salles d'entraînement! Il est destiné à accueillir des stagiaires chinois et occidentaux; alors si vous êtes intéresser: bon voyage et bon entraînement!

STYLES

 

 

Ces différents styles sont divisés en 3 grandes familles: internes, externes et mixtes. Ces boxes s'expriment soit comme des boxes de comportements (ex: Boxe de l'Homme Ivre) ou d'attitudes en imitant les animaux (ex: Singe, Tigre, Serpent, Grue…). Enfin, ces styles sont divisés en boxe du nord (Chang Quan) et boxe du sud (Nan Quan); la première est réputée pour ces techniques de jambes et de sauts qui en font un style spectaculaire très apprécié des jeunes (magnifique lors des compétitions techniques), la deuxième est connu pour ses techniques de bras, de pas fermes et de mouvements vigoureux; il est sûrement à l'origine directe des arts martiaux japonais et du "Kiai" (cri émit par la plupart des pratiquants japonais lorsqu'ils portent un coup puissant). Souvent l'exécutant émet un cri puissant sur un moment plus explosif que les autres.

On admet qu'il existe en Kung Fu une centaine de styles de bases, ce qui avec leurs variantes nous amènent à plus d'un millier de styles différents! Même les Chinois s'y perdent: par exemple, le style de la "Mante Religieuse" crée par Wang Lang au 17ème siècle s'est divisé par la suite en: mante à 7 étoiles, mante au lotus, mante au 6 combinaisons, mante de la porte secrète, mante à l'anneau de jade, mante aux 8 pas, Tai Chi de la mante, mante rigide… et j'en passe!Partant des mêmes bases, chacun de ces styles a ses spécificités et s'attache sur un point particulier. Ainsi la "mante aux lotus" se caractérise par des enchaînements de 5 coups de poing semblables aux 5 pétales du lotus, tandis que la "mante de la porte secrète" se distingue par des attaques portées avec le coude à courte distance en posture très basse… 

STYLES INTERNES

 

Les styles internes mettent l'accent sur la maîtrise des éléments internes dans la pratique, notamment le qi (prononcé "tchi"). Ce groupe est nommé Nei Jia et est caractérisé par des mouvements lents, ronds et doux… Ces styles mettent l'accent sur 3 points clefs:

    1. Le calme et la concentration dans le travail
    2. La décontraction (relâchement total du corps)
    3. Travailler le corps dans une direction complètement différente de celle qu'on entend dans la vie quotidienne.

Nous n'aborderons que les 4 styles internes principaux car ils constituent la base des autres:

 

Taiji Quan

 

Le Taï Ji Quan (Taï = Le Suprême, Ji = Le fait, Quan = Le poing, traduit généralement "Boxe du Faîte suprême"), à la fois pratique de santé, méditation en mouvement, travail sur l'énergie interne et art martial, est le principal style interne du Wushu. Cette boxe de l'énergie est le principal style interne de kung fu. Sa création est attribuée à un ermite taoïste du 13ème siècle: Tchang San-Fong. Cet ermite vécut au mont Wou Tang (connu de longue date comme le haut lieu du taoïsme). Tchang aurait d'abord pratiqué la boxe de Shaolin avant d'en développer une forme plus souple, fondée sur les principes taoïstes du "contrôle du souffle". Selon une autre version, le Taiji fut créé au 17ème siècle (au début de la dynastie des Ch'ing), par le maître Tch'en Wang-T'ing. Pendant longtemps, ce Taiji fut réservé aux seuls membres de sa famille qui formaient alors une milice protectrice de leur village… Autrefois c'était un art martial à part entière, aujourd'hui, il s'agit surtout d'une gymnastique énergétique.

 

Le Taiji (diminutif de Taiji Quan) se divise en 2 grandes familles; le premier, le style Chen, est fondé sur les mouvements en cercles et courbes avec des accélérations et des ralentissements soudain: l'énergie est diffusée au niveau de la hanche... Ceci permet au pratiquant d'accumuler son énergie, de la mobiliser et de l'utiliser à son gré pour se recentrer, se détendre, améliorer sa vitalité, développer sa concentration ou tout simplement vivre plus pleinement son quotidien. Le deuxième, le style Yang, est plus lent et monotone et se particularise se par la décontraction des postures (Pratiquant du style Yang ci-contre)… Resté plus proche des caractéristiques antiques, le style Chen associe l'énergie à la souplesse, l'accélération au ralentissement, afin de respecter la loi de polarité du Tai Ji qui garantit l'équilibre dynamique. Les mouvements souples et ralentis expriment le Yin .tandis que les mouvements énergétiques et accélérés expriment le Yang.

Xingyi Quan

 

 

Si le Bagua Zhang est l'art du cercle, le Xingyi est celui de la ligne droite; c'est un art de l'énergie favorisant les mouvements directs et le combat rapproché. Le terme Xingyi Quan signifie "boxe de la forme et de la volonté". Les premiers maîtres de cet art se sont distingués comme gardes du corps ou convoyeurs de fonds. Ce fut le cas notamment de Li Neng-Jan, dont le seul nom suffisait à décourager d'éventuels agresseurs. L'un des élèves de Li, le fameux Kouo Yun-Chen, marqua un tournant décisif dans l'évolution de la méthode. Kouo fut ainsi réputé pour la puissance de ses attaques, en particulier un coup de paume qui le fit surnommé Paume Divine ou Paume Démoniaque. Kouo affronta le grand maître du Bagua Zhang, Tong Hai-Tch'ouan et l'on raconte que de ce combat naquit un pacte selon lequel Xingyi Quan et Bagua Zhang seraient désormais enseignés de façon complémentaire.

Bagua Zhang

 

 

Le Bagua Zhang est un style utilisant surtout des déplacements circulaires. Le pratiquant se déplace en suivant un cercle imaginaire sur le sol, en croisant et décroisant les jambes, tout en effectuant des mouvements de bras circulaires, selon un rythme fluide et continu. Le terme de Bagua signifie 8 Trigrammes et il fait directement référence aux figures (trigrammes ou hexagrammes) du fameux classique chinois, le Yi-King ou Livre des Mutations. Le terme Zhang signifie la paume, car dans ce style, la main ouverte est beaucoup plus utilisée que le poing fermé.

Comme pour le Taiji Quan, il existe aujourd'hui plusieurs styles différents de Bagua Zhang, mais se retrouvant généralement dans le pas croisé ci-contre, typique des déplacements en cercle de cet art dont les mouvements de marche en cercle sont certainement parmi les plus insolites dans les arts martiaux orientaux…

Le style aurait été créé au 18ème siècle mais le nom du fondateur reste inconnu… Cette marche en cercle est issue de l'une des branches du taoïsme, appelée Long Men Pai (La Porte du Dragon); ses adeptes avaient coutume de s'adonner à cette pratique comme exercice énergétique de santé et pour éveiller l'esprit… C'est d'ailleurs auprès d'un taoïste que le maître Tong Haï Chuan, premier grand maître incontestable du Bagua (19ème siècle), a appris cette méthode. On ne sait pas si c'est à lui personnellement que l'on doit les techniques de combat dans cet art ou bien aux taoïstes auprès desquels il les aurait apprises. Mais cette façon de marcher si particulière, est bien originaire des taoïstes. Les taoïstes avaient l'habitude de marcher de cette façon, en veillant à la perfection de leurs postures, à la tranquillité de leur esprit et au relâchement de leurs mouvements. Il s'agit donc bien d'un exercice de Qi Gong dynamique.

Qi Gong

 

 

C'est l'art qui est au coeur de la culture chinoise. Ses liens sont intimes avec la médecine traditionnelle chinoise et la philosophie, fondements de sa théorie et de son efficacité. Les arts martiaux lui doivent leurs aspects internes, non violents: la culture de l'énergie et la concentration du mental. Technique de longévité, c'est au travers de posture aux mouvements souples et harmonieux, alliant la respiration et le travail de l'esprit que le Qi Gong favorise la libre circulation de l'énergie, l'apaisement des émotions et l'équilibre physique. En Chine, c'est un des arts les plus pratiqués... Il est souvent enseigné dans les jardins publics à des groupes et pas seulement à des personnes âgées!

Le Qi Gong, ou gymnastique chinoise de santé est une pratique énergétique utilisée depuis des millénaires par le peuple chinois pour maintenir ou améliorer la santé ou pour développer une plus grande puissance dans les arts martiaux. Ses pratiques, qui se perdent dans la nuit des temps, sont influencées par le taoïsme, le confucianisme, le bouddhisme et les sciences médicales. Il existe des Qi-Gong taoïstes, bouddhistes, confucianistes, médicaux, initiatiques et "martiaux".


La base est la capacité à respirer par le ventre, afin de "libérer le cœur". Le point Qi Hai, sous le nombril, est placé sur le premier Tan Dian ("champs du cinabre"), le second est au niveau du plexus solaire, le troisième est entre les deux yeux. Le Qi Gong prend également en compte les méridiens d'acupuncture, et tous les concepts annexes : cinq éléments, règle mère-fils, etc. Le pratiquant avancé est capable de diriger son énergie sur les "petites" et "grandes révolutions" (le souffle suit la colonne vertébrale en montant et descend sur la ligne centrale de la face antérieure du corps).
Le but du Qi Gong est de cultiver la santé, l'équilibre, et éventuellement de guérir certaines maladies.
Dans les méthodes martiales, on condense le souffle et on se frappe progressivement avec des matériaux divers pour s'endurcir le corps. Dans ce cas, on prévient les lésions par le Qi Gong "doux" c'est à dire médical, et on les répare par des potions médicales à usage externe. En Chine, il est difficile de distinguer les méthodes tant elles sont nombreuses.

Qi signifie énergie et Gong signifie travail, Qi Gong signifiant donc le travail qui consiste à augmenter ou contrôler la circulation de l'énergie à travers le corps.
Les mouvements du Qi Gong sont effectués sans effort musculaire et sans accélération du cœur et de la respiration. Au contraire, la respiration se ralentit, favorisant la détente et l'éveil de la conscience. Une pratique régulière du Qi Gong permet de développer la connaissance intérieure de son corps et d'avoir une perception plus subtile de son environnement, de retrouver le lien avec la nature et les forces opposées et complémentaires qu'elle met en action comme le Yin et le Yang.

Parmi les multiples bienfaits du Qi Gong, citons:
- La détente, la relaxation
- L'assouplissement des articulations
- La tonification des structures ostéo-articulaires
- La puissance dans l'effort musculaire
- Le développement de la concentration
- L'accroissement de l'énergie vitale.

Citons également les autos massages qui constituent un moment important dans la séance de Qi Gong. Ils concernent le visage et les 7 orifices (bouche, nez, yeux, oreilles), le cou et le thorax, les reins, le ventre et les membres. Pratiqués en début de séance ou le matin, ils permettent de mettre en route l'énergie et stimulent la circulation des méridiens. En fin de séance, ils permettent à l'énergie accumulée de se répartir de façon harmonieuse.

STYLES MIXTES

 

 

On appelle styles "mixtes", les styles à la frontière des pratiques internes et externes… Ils sont peu nombreux; certains les considèrent comme externes d'autres internes: à chacun de les juger selon sa propre opinion. Nous prendrons les 3 plus connus:

 

Yi Quan: a comme particularité l'absence de formes préétablis (Taos). Il est aussi connu sous le nom de Dacheng Quan. A partir des postures particulières du Qi Qong, le pratiquant va se mouvoir spontanément dans une alternance de lenteur, de rapidité et d'explosion, seul ou avec un partenaire. Souvent considéré comme l'une des meilleurs synthèse de toutes les boxes... Sa finalité n'est pas le sport mais le combat réel; or, dans ce cas, l'adversaire ne porte pas les coups dans un ordre convenu: il faut donc être apte à répondre à n'importe quelle attaque. La grande idée de cet art est de réveiller des automatismes instinctifs et de libérer les fonctions d'auto-défense de l'homme: en clair, il faut se plonger dans la faculté de combattre en situation de survie! Par exemple: une femme qui se fait agresser par un voyou va rapidement perdre ses moyens et devenir une "proie" facile. En revanche, si le voyou a la mauvaise idée de s'en prendre à sa progéniture, la mère va devenir une furie! Tout ceci a une explication; l'instinct maternel a court-circuité la pensée et l'action est devenue spontanée. Dans cette optique, le Yi Quan propose des exercices amenant l'esprit à "lâcher prise", ce qui permet d'exécuter d'un seul coup, sans réfléchir, des gestes qui sauvent. Cet art vise à un "esprit véritable" par la force de caractère, l'audace et l'absence de peur...



 

Tui Shou: Littéralement: 'Se pousser (Tui) avec les mains (Shou)".
A la base, ce type d'affrontement est spécifique des styles internes. Techniquement les Tuishou visent à développer les capacités d'écoute, d'absorption, d'accompagnement afin "d'emprunter" la force de l'adversaire et de la retourner contre lui. Le Tuishou est un élément important dans l'art du combat chinois, car il inclut la notion de distance rapprochée. Actuellement il existe un système de compétition où les adversaires sont dans un cercle de 6 mètres de diamètre avec un cercle intérieur 0,90 m. Les protagonistes peuvent utiliser les techniques suivantes: Peng (parer), Lu (tirer), Ji (presser), An (appuyer). La principale difficulté étant d'arriver à un total relâchement de toutes les tensions physiques tout en adhérent totalement aux mouvements de l'adversaire. Souvent considéré comme très proche du Wing Tsun, il possède des particularités assez semblables comme l'important travail réalisé surtout au niveau des mains (logique!).


 

Shuai Jiao: appelé également lutte chinoise. Le Shuai Jiao, bien que discipline indépendante du Wushu, est certainement le style de combat le plus antique qui fut pratiqué à des fins d'efficacité en situation réelle. La technique actuelle a été structurée sous les Qing (1644-1912) avec l'apport de différentes écoles de lutte comme la lutte mongole, la lutte Hakka (ethnie du sud), la lutte Yi (ethnie du nord), la lutte Mandchoue, etc. Elles ont été synthétisées à la cour impériale de Pékin dans un institut (Shanpuying) qui regroupait plus de 300 lutteurs, constituant la garde personnelle de l'empereur. En 1911, à la dissolution de cette institution, les maîtres lutteurs se dispersèrent aux quatre coins de la Chine pour répandre et vivre de leurs connaissances martiales. Certains d'entre eux entrèrent au service de seigneurs de la guerre locaux! La lutte chinoise se partagea en 3 courants: le Baoding, le Beijing, le Tianjin. Ces villes devinrent les zones d'influences de la lutte chinoise. En France nous avons découvert cette discipline en 1987 grâce au Maître Yuan Zumou, pionnier en Europe qui développa le Shuai-Jiao par le biais de nombreuses démonstrations et rencontres sportives. On le considère comme l'ancêtre direct du judo. L'originalité du Shuai Jiao est de réunir une pratique autant interne qu'externe alliant la puissance du tigre, la fluidité et la rapidité du serpent. Les pratiquants peuvent retrouver les significations de telle ou telle attitude effectuée dans un Taolu du Nord ou du Sud, ou bien du singe… Le Shuai Jiao ancien combinait les techniques frappés pieds-poings enchaînées par des saisies et des projections. C'est un art très efficace en self-défense…

STYLES EXTERNES

 

Les styles externes (Wei Jia) s'intéressent au développement corporel et à l'efficacité en combat réel… Ils sont beaucoup plus nombreux que les styles internes et utilisent un véritable arsenal par rapport à ces derniers… Comme on l'a vu précédemment ils se divisent en boxes d'attitudes, comportements et du nord ou du sud…

Nous allons nous intéresser à 3 styles:

Wing Chun

 

Il s'agit sans aucun doute de l'art qui a inspiré Bruce Lee. Selon une première version légendaire, le style fut créé par la nonne bouddhiste Ng Mui, experte en Boxe de Shaolin. Après avoir observé un combat opposant une grue à un serpent, elle élabora de nouvelles techniques qu'elle associa à celles de Shaolin pour créer un nouveau style, plus souple et plus fluide qu'elle nomma "Boxe du Renard et de la Grue". Ng Mui transmit son art à une jeune orpheline, Yen Yong-Tch'ouen (en cantonnais: Yim Wing-Chun). Selon une autre version, rapportée par Wu Bin dans "Essentials of Chinese Wushu", le style fut créé par Yen Yong-Tch'ouen, qui avait étudié la Boxe de Shaolin sous la direction de son père, Yen Sseu. Elle observa un combat entre une grue blanche et un serpent vert et créa son style à partir de ses observations. Toujours d'aprè la même source, Yen enseigna son art à son mari, Leang Po-Tao (en cantonnais: Leung Bok-Cho) avec lequel elle ouvrit une salle d'entraînement à Lien-Tcheng. Par la suite, le couple s'installa dans la province de Kouangtong. Leang eut pour disciple Houang Pao-Houa (en cantonnais: Wang Wa-Bo) qui enseigna à son tour à Leang Tsan. Selon d'autres sources, c'est après la mort de Yen Yong-Tch'ouen, que Leang, qui avait lui aussi étudié le style de Shaolin, élabora une nouvelle synthèse à laquelle il donna le nom de Wing Chun Kuen en hommage à son épouse.

Le plus grand maître connu du Wing Chun Kuen fut le dernier en date; Yip Man (1898-1972, photo ci-contre). Né en Chine dans la province de Kouangtong, il étudia 3 formes différentes du Wing Chun Kuen sous la direction de Tchan Houa Tchouen, Ng Tchong Sö et Leang Pi. En 1949, il s'installa à Hong-Kong et à la fin des années 1960, fonda la Hong-Kong Vingchun (avec un V, si, si!) Athletic Association, qui fut la première association officielle de Wing Chun Kuen du 20ème siècle. A l'origine, Yip Man réserva son enseignement à un cercle limité de disciples choisis, par la suite, il changea d'optique et son action, fut à l'origine d'un rayonnement international du Wing Chun Kuen. Il fut également très célèbre pour les duels qu'il livra tout au long de sa vie et pour avoir été le maître de Bruce Lee; on se doute donc de l'impact qu'il a eut sur celui-ci...

 

Style de la Grue Blanche

 

 

Ce style aurait été créé par un femme: Fang Chi Niang! Selon la légende, Fang avait été initiée à la boxe de Shaolin par son père, Fang Huei Shi, ancien moine de Shaolin, ayant dû s'échapper du monastère de Shaolin du Fukien... Un jour, alors qu'elle étendait son linge propre, une grue vint se poser et piétiner le linge. Fang, à l'aide de son bâton, tenta de chasser l'oiseau mais en vain: celui-ci évitait aisément les coups de bâton tout en contre-attaquant du bec et des griffes. Intriguée, Fang se mit à étudier le comportement de l'animal: progresssivement, elle en tira de nouveaux principes qu'elle intégra à la boxe de shaolin, au point de créer un nouveau style! (Cette légende se rapproche de celle concernant l'élaboration d'un autre style de boxe chinoise: le Wing Tsun).

Le style de la Grue Blanche enseigne surtout le combat rapproché, avec une large prépondérance de techniques de bras; il s'agit nettement d'un style du Sud. Certaines attitudes évoquent celles de l'animal ayant servit de modèle à ce style. Une position caractéristique de ce style est "le pas de la jeune fille": 60% du poids du corps sur la jambe arrière, 40% sur la jambe avant, genoux fléchis, la pointe du pied avant dirigée vers l'intérieur. La philosophie de combat de ce style est résumé par la phrase suivante: "Si tu avances sans frapper, tu es touché; si tu frappes sans avancer, tu ne touches pas. Il faut donc avancer et frapper en même temps." Le style d'origine à donner naissance à plusieurs variantes... Il eut aussi une certaine influence sur le développement du Karaté d'Okinawa (en effet, 4 styles de karaté; Gojo-Rui, Uechi-Ryu, Ryuei-Ryu et Kojo-ryu font référence au style de la Grue dans leurs ouvrages d'origines!), ainsi qu'en témoignent de nombreux éléments comme le célèbre Bubishi, ouvrage majeur de l'histoire des arts martiaux okinawaiens... Il est intéressant de noter que dans ce style tous les pratiquants portent un pantalon noir et une chemise blanche (comme on peut le voir sur la photo

Jeet Kune Do

 

 

Le Jeet Kune Do (JKD), ou la voie du poing qui intercepte (=traduction), a été créé par Bruce Lee (photo ci-contre)... Bruce Lee, de son vrai nom Lee Jun Fan (né le 27/11/40 et décédé le 20/07/73), titulaire d'une maîtrise de philosophie, est sans conteste le plus célèbre acteur chinois ayant fortement popularisé le Kung Fu grâce à ces 5 films d'action des années 70 et par la série télévisées le frelon vert... En 1964, alors qu'il s'est installé à Oakland (USA) et qu'il y enseigne le Kung Fu depuis quelques mois, Bruce Lee se voit contraint de relever un défi sous peine de devoir fermer son club... Il combat donc contre un adversaire qu'il terrasse en quelques minutes: pour lui, ces quelques minutes sont de trop; il remet alors son Kung Fu en question: l'idée de JKD est née!

Le JKD est un genre d'art martial chinois qui rejette toute formalité et qui est libéré de la tradition. Le JKD rejette toutes les formes imposées (pas de taos=enchainements similaires aux katas) et insiste sur l'utlisation intelligente de l'esprit et du corps pour se défendre et attaquer... Bruce a appelé cet art ainsi pour bien montrer l'intention de bloquer l'ennemi à la porte. Bruce s'est inspiré de nombreux arts martiaux et sports de combat pour créer cet art qui est une synthèse de toutes les combinaisons les plus utiles et efficaces existantes. La principale source d'inspiration du JKD est le Wing Chun, seul art martial que Bruce Lee pratiqua vraiment et assez longtemps (5 ans). Néanmoins, il faut savoir que Bruce avait une véritable culture du combat avec ou sans arme (l'utilisation de 2 nunchakus simultanément était une première dans les arts martiaux et le cinéma, voir photo ci-dessous); on estime que le JKD contient les techniques de plus d'une trentaine de styles allant de l'Escrime occidentale à la Boxe Thaïlandaise en passant par la Lutte Gréco-romaine et le Tai Chi Chuan! Résumé TRES brièvement, voici quelques techniques classiques du JKD avec leurs inspirations:

Coup de pied direct: Karaté, Kenpo (arts tous 2 japonais) et Taekwondo (art coréen)

Coup de pied circulaire: Karaté et Tang Soo Do (art corén)

Coup de pied latéral: Wing Chun et Karaté

Coup de coude: Wing Chun

Projections: arts martiaux coréens

Esquives: Boxes occidentales et orientales

Garde latérale inversée: Joe Lewis (Champion en Karaté et Kickboxing)

Combat au sol: Luttes

Coups de pieds sautés: arts martiaux chinois pour la plupart

Coup de poing renversé: Joe Lewis

Animaux

 

De manière générale, les animaux sont biens représentés dans le kung fu: on distingue nettement de quel animal il s'agit en fonction des mimiques du pratiquant, de ses déplacements, de la position de ses mains, de la manière d'asséner un coup... La plupart de ces styles sont généralement issus de l'observation des animaux concernés. On peut observer dans chaque cas des spécifictés au niveau des main: la grue a un bec pointu, le tigre des griffes, le singe est acrobate...

LE TIGRE (HU)

La boxe du tigre aime à combiner les saisies et les coups de paume. Les saisies permettent de placer l'adversaire dans une position vulnérable. Cet animal représente la force, la puissance. Il est généralement très présent dans les styles du sud faisant plus appel aux techniques de poings.

 

 

 


L'AIGLE (YING)

Boxe connue depuis le 17e siècle grâce à un expert connu sous le nom de Li Quan, un moine maîtrisant le Fanzi Quan, la boxe de l'aigle est réputée pour ces quinna. Les serres de l'aigle agrippent le bras de leur adversaire et aussitôt frappent. Plus encore que dans n'importe quel autre style, la hanche joue un rôle primordial dans la puissance et la vitesse des coups: c'est en effet un point de torsion, jouant le rôle d'un pivot permettant d'accentuer la vitesse et donc la puissance des coups portés.

 

 

LE DRAGON (LONG)

Animal mythique, la boxe du dragon se caractérise par l'action des hanches et de la colonne vertébrale, ainsi que la combinaison de techniques de saisies et de frappes avec les griffes du dragon. Animal qui symbolise la force, la suprématie, le feu...

 

 

 


LE SINGE (HOU)

La boxe du singe tend à imiter les mimiques du singe par des grimaces et des positions très basses. La vitesse d'exécution des frappes est très rapide et très courte. Des notions d'acrobaties sont indispensables comme dans beaucoup de boxes shaolin (boxe des culbutes, boxe de l'homme ivre...). C'est un des styles les plus spectaculaire à observer lorsqu'il est bien pratiqué.

 

 

LA GRUE (HE)

La boxe de la grue utilise la colonne vertébrale comme moteur du mouvement, les techniques de pied sont peu nombreuses, les frappes se font avec les mains qui imitent le bec de la grue.

 

 

 

LA MANTE RELIGIEUSE (TANG LANG)

Les pratiquants du Tang Lang Quan saisissent le bras de l'adversaire et enchaînent des techniques afin de déborder ce dernier. Les techniques s'alternent de haut en bas, sous tous les angles.

 

 

LE SERPENT (SHE)

La main imite la tête du serpent dressé et prêt à mordre. Le serpent représente la fluidité et la rapidité. Les frappes sont directes avec le bout des doigts et se font généralement sur les points vitaux.

 

 

 

LE LEOPARD (PAO)

Animal de la famille des félins, il représente la puissance et l'agilité. Les doigts serrés représentent les pattes du léopard, les frappes se font surtout de façon circulaire. C'est un style plus fluide que celui du tigre.